Célestite, également orthographié célestine, est une forme naturelle de sulfate de strontium (SrSO₄) reconnue pour sa couleur bleu ciel souvent délicate et sa beauté cristalline. Le nom du minéral vient du latin coelestis, qui signifie « céleste », en référence à cette teinte caractéristique. Sur le plan scientifique, la célestite est importante à la fois comme source géologique majeure de strontium et comme minéral indicateur dans les environnements sédimentaires. Bien que les spécimens attrayants soient parfois facettés ou exposés par les collectionneurs, ses propriétés physiques limitent son utilisation pratique dans la joaillerie conventionnelle.

Identité minéralogique et classification
La célestine appartient au groupe plus large des minéraux sulfatés, partageant des affinités étroites avec la barytine (BaSO₄) et l'anglesite (PbSO₄). Ces minéraux forment un continuum dans lequel le cation dominant passe du strontium à l'extrémité célestine au baryum dans la barytine. Tous trois cristallisent dans des structures apparentées au sein du système cristallin orthorhombique, reflétant la géométrie commune de l'anion sulfate (SO₄²⁻) coordonné avec différents cations métalliques.
Sur le plan chimique, la célestite peut présenter un comportement de solution solide limité avec la barytine et parfois avec d'autres sulfates, en fonction de la chimie locale lors de sa formation. Cette capacité de substitution élémentaire explique la présence du minéral dans divers contextes géologiques et la gamme de couleurs observées dans les spécimens.
Couleur et variété
Si la plupart des gens connaissent surtout la célestine sous sa forme bleu pâle, ce minéral peut également se présenter dans un spectre plus large, notamment incolore, blanc, jaune, orange et même dans des nuances rares rougeâtres ou verdâtres. Ces variations de couleur sont souvent dues à des inclusions d'oligo-éléments, à de légères imperfections structurelles ou à des inclusions fluides présentes pendant la croissance.

Les spécimens classiques bleu ciel sont le plus souvent associés à une excellente transparence et contrastent fortement avec les imperfections structurelles internes, ce qui les rend visuellement attrayants en tant que pièces de collection ou gemmes facettées occasionnelles.
Formation géologique et occurrence
Milieux sédimentaires et évaporitiques
La célestite se forme le plus souvent dans les dépôts évaporitiques et les roches sédimentaires, en particulier les calcaires dolomitiques et les bassins confinés où l'eau de mer ou les eaux souterraines salines se concentrent par évaporation ou par des processus diagénétiques. Dans ces environnements, les ions sulfate et strontium atteignent des concentrations suffisantes pour précipiter des cristaux de célestite dans les cavités, les fractures ou les espaces poreux.
Le minéral peut également se développer par remplacement diagénétique, lorsque le strontium libéré lors de la décomposition des minéraux carbonatés interagit avec le sulfate présent dans les eaux souterraines pour former des cristaux discrets de célestite.
Les principaux gisements de célestite sont les suivants :
- Madagascar, en particulier le gisement de Sakoany, connu pour ses géodes volumineuses et richement colorées.
- États-Unis – L'Ohio (Crystal Cave), le Michigan, le Texas et New York ont produit des spécimens remarquables.
- Autres régions comme le Canada (y compris les cristaux orange rares), la Namibie, l'Angleterre, l'Italie, l'Égypte, l'Espagne et la Tunisie.
Ces occurrences couvrent divers bassins sédimentaires et évaporitiques, illustrant la large distribution géologique de la célestite.

Importance géochimique et source de strontium
D'un point de vue géochimique, la célestite est la principale source naturelle de strontium, un métal alcalino-terreux utilisé dans la pyrotechnie, la fabrication du verre et la céramique spécialisée. Le strontium extrait de la célestite est souvent transformé en carbonate ou en nitrate de strontium à des fins industrielles.

En géologie sédimentaire, la présence de célestite dans une séquence rocheuse peut servir d'indicateur des conditions de salinité passées, de l'évolution des fluides et des niveaux de restriction des bassins. Les rapports isotopiques du strontium dans la célestite fournissent également des données précieuses pour reconstituer la composition passée de l'eau de mer et corréler des unités stratigraphiques sur de grandes distances.
Perspectives gemmologiques
Aptitude à servir de pierre précieuse
Si les délicates nuances bleu ciel et la transparence exceptionnelle de la célestite peuvent rivaliser avec celles de pierres précieuses plus connues, ses propriétés physiques imposent toutefois des limites importantes à son utilisation dans la joaillerie traditionnelle. Avec une dureté Mohs de seulement 3 à 3,5 et un clivage parfait dans plusieurs directions, la célestite est considérablement plus fragile que les matériaux gemmologiques standard, ce qui la rend très sensible aux rayures et aux fractures de clivage structurelles. Par conséquent, la célestite facettée reste une rareté, généralement réservée aux collectionneurs spécialisés ou aux expositions dans les musées plutôt qu'à un usage quotidien. De plus, ce minéral présente une sensibilité notable aux facteurs environnementaux : une exposition prolongée à la lumière directe peut entraîner une décoloration de sa couleur bleue « céleste », et des températures supérieures à 200 °C peuvent provoquer une dégradation irréversible de la structure de la pierre.

Utilisation à des fins de collection et d'exposition
Dans l'art lapidaire, la célestite est le plus souvent taillée en gradins ou en émeraude afin de maximiser la rétention de poids et de mettre en valeur sa clarté naturelle. Bien que la fragilité inhérente à ce matériau rende difficile la production de grosses pierres facettées, des spécimens exceptionnels de qualité muséale peuvent parfois atteindre plusieurs dizaines de carats, même si la plupart des tailles commerciales restent inférieures à trois carats. Au-delà du marché de niche des pierres facettées, la célestite est surtout prisée sous sa forme minérale naturelle. Les grandes géodes cristallines, en particulier celles provenant de Madagascar, sont très recherchées pour la décoration intérieure et les collections minéralogiques en raison de leurs formes prismatiques saisissantes et de leurs couleurs vives.

Entretien et manipulation
Compte tenu de son extrême fragilité, la célestite nécessite une manipulation minutieuse afin d'éviter tout dommage. Le nettoyage doit être effectué exclusivement à l'aide d'une brosse à poils doux et d'un détergent doux dans de l'eau tiède, car les produits chimiques agressifs ou les nettoyeurs à ultrasons peuvent provoquer une fracture immédiate. Si la pierre est incorporée dans un bijou, des montures protectrices telles que des chatons sont essentielles pour protéger les bords contre les chocs. De plus, les bijoutiers doivent faire preuve d'une extrême prudence lors des réparations, car l'application de chaleur à l'aide d'un chalumeau ou l'exposition à un éclairage intense dans l'atelier peut entraîner une perte permanente de couleur ou un choc thermique.
Comparaison avec des minéraux apparentés
La célestite est souvent comparée à d'autres minéraux sulfatés :
- Barytine (BaSO₄) : Structurellement similaire à la célestite, mais généralement plus dense et plus dure que celle-ci, avec un éventail d'utilisations industrielles plus large.

- Anglesite (PbSO₄) : Se forme généralement dans les zones d'oxydation des gisements de plomb et présente un contexte géologique distinct de celui de la célestite.

La série graduelle entre la barytine et la célestine reflète la manière dont la substitution cationique affecte la stabilité, la forme et la présence des minéraux dans la nature.
La célestine est un minéral aux multiples facettes qui fait le lien entre la géologie sédimentaire et la gemmologie. Composée de sulfate de strontium et cristallisant dans le système orthorhombique, elle permet de mieux comprendre les anciens environnements évaporitiques et la mobilité globale du strontium dans la croûte terrestre. Si ses propriétés physiques limitent son utilisation dans la joaillerie conventionnelle, son attrait esthétique et son riche contexte scientifique en font un minéral qui suscite un intérêt durable chez les collectionneurs et les chercheurs.